[SAEL Forum] [sael - syndicat autonome des étudiant(e)s liégeoi(se)s] [forum] "Aberrant collectivement"?
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Lun 31 Oct 02:55:04 CET 2005
(ceci est un message automatique)
Message poste par Jérôme <> a la suite de votre article.
Ne repondez pas a ce mail mais sur le forum a l'adresse suivante :
http://sael.be/forum436.html
"Aberrant collectivement"?
Hello,
Puique tu demandes si A. Jousten est néolibéral pcq il n'a pas le même
avis que Simon, examinons un peu ses propos. Première chose, il parle de
"l'âge normal de la retraite, à savoir 65 ans". Parler de "norme" ne me
paraît pas particulièrement heureux. En effet, qu'est-ce qui est plus
relatif, ou moins scientifique, qu'une norme ? A une époque, la durée
"normale" du temps de travail était bien supérieure à celle
d'aujourd'hui, et tu peux être sûr qu'il y avait des gens qui
soutenaient qu'il était "aberrant", ou économiquement insoutenable, de
la réduire. Et pourtant la Terre a continué à tourner.. Il en va de
même pour l'âge de la pension.. Lorsqu'il dit ensuite :
Et lorsque l’on réduit de plus en plus le nombre de travailleurs, la
charge fiscale et parafiscale incombant aux différents travailleurs
augmente.
Il reste à nouveau dans une perspective très particulière : il
n'envisage aucunement les autres possibilités de financement de l'Etat,
comme les impôts sur le capital, sur les transactions financières, etc.
en d'autres termes, il reste dans un cadre très libéral.
Quant à ta remarque sur la fuite des capitaux en cas de taxation, il faut
d'abord constater que des impôts sur la fortune (ou sur les revenus les
plus élevés) existent dans certains pays, parfois avec succès. Ensuite
se pose la question de l'Europe que l'on veut.. Quid d'une harmonisation
fiscale qui rendrait inutile ces fuites de capitaux ? Quid de mesures
contre les flux financiers venant des paradis fiscaux ? Si l'on veut
défendre les droits sociaux en vigueur ici, il faut aussi envisager des
mesures au niveau européen. Un ou deux autres passages qui me semblent
mettre en lumière les a prioris de Mr Jousten :
L’idée de bonus et de malus de pension qui met en place une
structuration des revenus de pensions et de prépensions en fonction de
l’âge d’entrée dans le système me paraît une chose importante pour
redonner un incitant au travail.
Parler de la nécessité d'ajouter des "incitants au travail" alors que
plus de 10% de la population active est au chômage me pose réellement
question.. Il me semble que cela sous-entend que les chômeurs sont
heureux de vivre avec le revenu mensuel du chômage et qu'ils ont besoin
d'être "incités" à travailler.. Les réactions des travailleurs qui
vont être licenciés ne cadrent pas vraiment avec cette vision..
Les travailleurs d’aujourd’hui devraient en principe être favorables
au rallongement de la vie active parce qu’il y a moyen de structurer un
tel rallongement de façon à ce qu’ils bénéficient d’un niveau de
bien-être supérieur au statu quo actuel, très coûteux et financé par
des impôts relativement importants.
Là, j'ai vraiment du mal à comprendre : les travailleurs devraient
travailler plus longtemps pour avoir plus de bien-être, pour être plus
heureux.. ? C'ets ce genre de propos qui me semblent aberrants.. Mr
Jousten a peut-être un emploi très émancipateur et des collègues
merveilleux mais je pense que c'est loin d'être le cas de la majorité de
la population.. Et qu'à choisir entre une journée au boulot et une
journée entre amis ou en famille, peu hésiteraient..
(Notons aussi que Mr Jousten utilise les termes "en principe".. Ca permet
de donner un caractère rationnel et objectif à ses propos mais dans ce
genre de débats les principes sont rarement objectifs..)
La question est donc de savoir quelle partie de clientèle l’emporte.
Belle conclusion.. Quelle "clientèle" des syndicats l'emportera, les
chômeurs ou les travailleurs ? Ou comment diviser pour régner.. Une
(toute) dernière chose quand même, peut-être la remarque la plus
importante. Mr Jousten dit que les départs en prépension sont "aberrants
sur le plan collectif" car "très coûteux pour la société".
Si les pensionnés passent du temps "pour eux" (c-a-d avec leurs proches
ou à leurs loisirs), un nombre important d'entre eux continue toutefois
à être actif dans diverses associations, culture, social, etc. Et ce
travail est souvent plus profitable à la collectivité que le travail
dans des sociétés privées.. Non seulement il est bénévole mais il
vise réellement à l'intérêt commun.
En conclusion, il est clair que les pensionnés ne profitent plus aux
personnes qui les employent mais dire qu'ils ne profitent plus à la
collectivté, ça me semble relever du sophisme.. Non ?
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