[SAEL Forum] [sael - syndicat autonome des étudiant(e)s liégeoi(se)s] [forum] A propos du taux de chômage
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Mar 25 Oct 03:28:55 CEST 2005
(ceci est un message automatique)
Message poste par Jérôme a la suite de votre article.
Ne repondez pas a ce mail mais sur le forum a l'adresse suivante :
http://sael.be/forum428.html
A propos du taux de chômage
Sinon au sujet de la volonté et de l'éventuelle nécéssité de faire
baisser le taux de chômage, vous pouvez lire l'extrait d'une émission de
radio donnant notamment la parole à la présidente du MEDEF
(l'organisation patronale française), extrait repris sur le site
d'Etienne Chouard http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ .
Assez étonnate d'ailleurs cette prise de conscience tardive et boulimique
d'un "simple citoyen" (comme il veut qu'on le présente) ainsi que le
discours relativement radical qu'il s'est mis à développer en
s'intéressant en profondeur au fonctionnement des institutions de l'Union
Européenne. Bref, si vous avez un peu de temps, allez visiter son site, il
y a un nouveau texte (après celui sur la constitution européenne qui a
été lu par plusieurs centaines de milliers de personnes pendant la
campagne référendaire) et son journal vaut la peine de s'y plonger.
Extraits d’une émission de radio très intéressante : « Là-bas si
j’y suis » du 15 septembre 2005, « Les chiffres du chômage »,
http://www.la-bas.org/article.php3?... (surligné par E. Chouard) :
François Chevalier (stratégiste chez VP Finances) :
« Il faut savoir que le pire ennemi des profits, c’est le plein emploi,
or on est loin du plein emploi. »
Thomas Coutrot (économiste) :
« C’est une vieille histoire, le chômage a toujours été employé,
dans les économies capitalistes, par les entreprises, par les employeurs,
pour calmer les revendications des salariés qui sont en place en leur
montrant la file d’attente à la porte de l’entreprise et en leur
disant "si vous n’êtes pas content, il y en a d’autres qui prendront
volontiers votre place", ça c’est aussi vieux que l’histoire du
capitalisme. Ça a trouvé des nouveaux noms : aujourd’hui les
économistes aiment bien parler de "chômage d’équilibre"… Selon les
économistes libéraux, c’est le taux de chômage qui est nécessaire
pour calmer les revendications et empêcher les hausses de salaires et
donc empêcher l’inflation…
Un certain nombre d’experts de l’OCDE estiment que le chômage
d’équilibre est autour de 8 à 9 %, autrement dit il n’est pas
souhaitable, dans l’état actuel des choses en France, que le chômage
baisse en dessous de ces niveaux, 8-9 %, parce que cela risquerait de
réveiller les revendications et donc de réveiller le démon de
l’inflation, qui est quelque chose dont les investisseurs financiers ont
horreur.
Sauf si on arrive, comme ça a été le cas aux États-Unis dans les
années 80, à casser suffisamment les organisations syndicales et les
conventions collectives pour que, même à 4% de chômage, les salariés
ne soient pas en mesure de revendiquer des hausses de salaires. En France,
on n’y est pas encore… »
Laurence Parisot (présidente du MEDEF) :
« Je pense que le chômage est une véritable honte, parce que ça fait
25 ans que notre pays bat des records de taux de chômage, il faut en
France libérer, libéraliser, le marché du travail. Notre conception en
matière d’offre et de demande de travail est beaucoup trop rigide, on
n’est pas adaptés à l’économie d’aujourd’hui qui est une
économie à laquelle il faut réagir rapidement, et il faut que
l’emploi s’adapte à l’activité et non pas l’inverse. »
Etienne Chouard a écrit :
Quand l’hypocrisie le dispute à l’indécence…
Nos vieux "représentants" professionnels jurent qu’ils luttent pour
l’emploi, ils clament que le chômage est leur cible principale. On
découvre sur cette affaire centrale du chômage que ce sont tous des
menteurs et que nous n’avons plus de prise sur eux car c’est toute la
caste, de gauche à droite, corrompue par le pouvoir trop longtemps
exercé, qui se protège contre les initiatives citoyennes : c’est à
peine croyable, en douce, ils respectent tous strictement un objectif
minimum de chômage que leur suggèrent les plus grandes entreprises
privées pour maintenir un bon taux de profit, et la lutte que nos
soi-disant "représentants" mènent "pour l’emploi" est en fait une
lutte "pour la précarité de l’emploi", pour remplacer, via le
chômage, un maximum d’emplois stables par des emplois précaires de
substitution.
En douce et en vitesse : la précarisation absolue du CNE a été imposée
par ordonnances, c’est-à-dire qu’un exécutif tyrannique écrit et
exécute le droit tout seul, sans contrôle parlementaire, et en août,
pendant que tout le monde est en vacances. Ces gens sont des bandits !
Avec la complicité d’un groupe stratégique de journalistes,
éditorialistes néo-libéraux, qui ont investi les rédactions et qui
martèlent tous les jours, sans contradicteur, que « c’est inéluctable
».
Cette précarité touche aujourd’hui directement près de la moitié des
salariés en France et elle ne cesse de se généraliser. Mais quand
va-t-on enfin se mettre en travers ?
Sommes-nous capables de résister ? Pour l’instant non, car notre
"démocratie" n’est encore qu’une supercherie sur bien des aspects.
Pas tous les aspects, bien sûr, car la liberté de s’exprimer et les
élections ne sont pas rien. Mais elles ne sont qu’une étape vers une
authentique démocratie.
Espérons que les responsables ne sont pas "tous pourris" et que certains
élus et certains journalistes auront le courage de nous aider à
résister à la régression politique voulue par les forces économiques.
Il est important que les institutions donnent aux citoyens le pouvoir de
se défendre quand la situation est grave.
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