[SAEL Forum] [sael - syndicat autonome des étudiant(e)s liégeoi(se)s] [forum] > "Aberrant collectivement"?

web at sael.be web at sael.be
Mar 1 Nov 17:30:10 CET 2005


(ceci est un message automatique)

Message poste par Daniel <> a la suite de votre article.
Ne repondez pas a ce mail mais sur le forum a l'adresse suivante :
http://sael.be/forum437.html


> "Aberrant collectivement"?

 Salut Jérôme, 

je me demande s'il ne s'agit pas ici de procès d'intentions. 

En effet, le mot "norme" est simplement employé relativement à la
législation actuelle, les cours élémentaires de droits nous enseignent,
me semble-t-il, une telle définition de ce mot. La question de son
bien-fondé moral peut en être dissocié dans la mesure où cela dépend
des conceptions ("normalement" multiples en démocratie) de chacun. En
tout cas, je crois que l'on ne peut inférer du simple emploi d'un tel mot
une idéologie quelconque. 

Cet article a trait aux prépensions, c'est donc le thème central de
l'interview. On y discute la pertinence du système actuel, et de ses
conséquences sur le "coût" du travail. Que l'on pense que c'est la
"bonne formule" ou pas, il y a tout de même moyen de s'entendre la
dessus. Si l'on est d'avis que d'un point de vue global, favoriser les
prépensions est positif, c'est que l'on assume son coût puisque l'on
pense que ça en vaut la peine. L'extrait que tu cites ne fait qu'énoncer
une relation mécanique que le partisan le plus convaincu pourraît
accepter. Il expliquera juste pourquoi il pense que les avantages
l'emportent sur les inconvénients. 

La France connaît il est vrai un impôt sur la fortune. Sans nous opposer
frontalement quant à savoir s'il est efficace, je te pose une question :
dans ton optique, penses-tu que celui-ci est suffisant (les sommes qu'il
permet de récolter directement) pour atteindre des objectifs tels que
d'assurer un niveau décent de protection sociale à tous, etc ? J'imagine
que non, sinon cela voudrait dire que tu acceptes la situation sociale
actuelle en France, et qu'il n'y a pas moyen de l'améliorer. Tu
conviendras donc avec moi que si l'on devait concevoir un impôt sur la
fortune "ad hoc" , les conséquences ne seraient probablement pas les
mêmes. 

Si l'harmonisation fiscale est souhaitable, il faut malheureusement
constater que cela ne se fait pas vite. Libre à toi de pointer tel ou tel
comme responsable, cela ne nous permet pas d'éluder pour autant la
question du financement de notre système social à court voire moyen
terme. 

Alain Jousten écrit qu'il peut être rationnel individuellement de
préférer la prépension au travail. On parle donc de gens qui se
trouvent dans les conditions d'un vrai choix, pas de ceux qui doivent
"arbitrer" entre le chômage et la prépension. La question d'incitant au
travail n'est donc pas, ici, relative aux sans-emplois. Je ne sais pas ce
que pense M. Jousten à ce sujet mais il est peut-être interessant de
voir l'avis de Pierre Pestiau qui travaille au CREPP tout comme M. Jousten
: http://www.cifop.be/doc/conf_srepb_pestieau_170505.pdf. 

En ce qui concerne le bien-être supérieur, il est mentionné qu'il est
possible de structurer le rallongement à cet effet. En réalité il
s'agit de rendre individuellement rationnel de travailler plus longtemps,
dans le sens de rendre le travail plus attractif. L'idée de Bonus Malus
indique que cela va dans les deux sens (rendre la prépension moins
favorable et le travail plus "payant"). Il me semble clair que l'on puise
en partie ici dans les sommes libérées par le nombres moins important de
prépensions à payer et que l'on avance l'idée que cela sera plus
efficace compte tenu du coût réel du système actuel. 

Je suis d'accord avec toi quant au fait que la notion de travail ne couvre
pas la même réalité sociale pour tout le monde. Pour être tout à fait
honnête, je pense que certaines professions méritent un système
particulier. 

Tu rejettes sans appel l'accusation de clientèlisme à l'encontre du
monde syndical. Je t'invite à considérer le fait qu'il ne représente
pas toute la population active (loin de là me semble-t-il, enfin tu ne
manqueras de me dire si je me trompe). Je me doute que cela va nous mener
vers un débat sur l'influence des privatisations sur le niveau de
syndicalisation des salariés, des pressions patronales, des raisons
(multiples) qui engendrent les progrès sociaux, le rôle des syndicats
dans différents système sociaux, etc. 

Enfin quant au fait de dire que c'est aberrant collectivement, je ne vois
pas où il est écrit que le travail bénévole, l'associatif etc était
inutile et ne profitait pas à la société. Nous sommes en face d'un
problème de financement des "inactifs" par les "actifs", bref on parle
ici de l'équation : Recettes moins dépenses, et ce en euro. Si tu
proposes une solution à ce défi qui impliquerait le tiers secteur, à
priori pourquoi pas, c'est juste que je ne connais pas le projet. Je
t'invite à me le décrire et même à en faire la promotion car je pense
que trop de gens ( comme moi ) sont peut-être mal informé à ce sujet. 

"Faire mine de" comme disait Simon, "sembler sousentendre que" comme tu
dis, ne sont pas à mon sens des sophismes, il manque pour cela une
affirmation claire de ce que l'on veut prouver via un raisonnement valide
d'une étape à l'autre, mais faux dans son ensemble. A propos de
sophisme, je qualifiait en quelque sorte Simon de sophiste dans mon
précédent post. Qu'en penses-tu ?







Plus d'informations sur la liste de diffusion sael-forum