[Ici] Prison
minedmind at no-log.org
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Lun 25 Fév 00:25:34 CET 2008
La prison tue, et elles arrêteront de tuer quand elle seront démolies.
On ne peut pas rendre les prisons plus humaines, elles sont par définition
invivables. On peut réfléchir et agir pour les détruire.
Chers amis et camarades,
C’est un cri de colère, de douleur et d’alerte que nous vous transmettons
suite
au décès de Lu SEMEDO DA VEIGA, prisonnière, âgée de 28 ans, mère d’un enfant
de 11 ans.
La prison tue. Depuis le mois de novembre, Lu se plaignait de maux de
tête, de
nausées, de vertiges. Elle en faisait part au service médical en recevant
comme
seule réponse du .... Doliprane. Lu n’était pas de caractère à « jouer la
comédie », elle continuait à travailler tout en disant qu’elle se sentait de
plus en plus malade et ça se voyait. Tout le monde le voyait, le personnel
pénitentiaire, l’infirmière, les médecins.
Trois mois se sont écoulés jusqu’au 18 janvier. A 4 heures du matin son
mal de
tête devient insupportable, Lu n’est plus capable de bouger et répond à
peine.
L’après midi précédent, elle avait signalé à l’infirmière l’aggravation de
son
état et demandé d’être hospitalisée). A 4 heures du matin, donc, sa
co-détenue
appelle la surveillante, laquelle décide, sans ouvrir la porte, que Lu pourra
attendre jusqu’à l’ouverture des cellules du matin. Lu sera hospitalisée à 14
heures de l’après-midi après avoir subi un arrêt cardiaque et avoir été
réanimée en prison. Nous avons appris son décès à l’hôpital le 22 janvier.
Nous
avons rendu hommage à Lu le soir même, à la manière des prisonnières, avec
un «
concert » de casseroles tapées sur les barreaux et les portes.
Dénoncer le refus de secours à une personne en danger est la moindre des
choses. Ce n’est pas un accident. C’est une infraction pénale ! Mais encore,
quand a-t-elle commencé cette infraction pénale qui s’appelle refus de
secours,
à 4 heures du matin ? Ou alors, pendant les mois où Lu a été laissé en
souffrance et son état de santé a été laissé se détériorer dans
l’indifférence
?
Il y en a beaucoup d’entre nous affectées par des problèmes de santé sérieux,
qui sont traitées avec la même indifférence, négligence. Et la totalité des
prisonnières quand elles s’adressent au service médical, sont exposées au
traitement et réflexions méprisantes, et le secret médical n’est pas garanti.
Nos corps enfermés, nos vies son laissés au bon vouloir, à la « sensibilité »
ou au contrariété du personnel pénitencier et médical, dont la déontologie
est
« cibler les détenues qui jouent la comédie » et sanctionner celles qui sont
peu ou moins soumises. La mort n’est pas égale pour tous. Celle des
détenus est
du... laissé pour compte. Voilà la prise en considération de l’être humain à
l’heure des programmes de « humanisation des prisons ». La réalité est que la
prison reflète la société. Dans notre société qui se dit consensuelle, la
prison offre au corps de quoi s’occuper : travail surexploité, ateliers
divers,
formations, activités à souhait. Tant mieux. Mais la prison, comme toute
institution totale, produit plus de malaise que celui qui a entraîné les
personnes à commettre les infractions.
Quels débouchés, alors ? La réinsertion, bien sûr : chacun son « réinséré
» là
d’où il vient ! Dans le rôle social qui lui est assigné ! Et encore plus
méprisé et « habitué » à la méprise.
Autrefois on disait « les prisons, base de luttes ». Cela n’est pas toujours
possible dans l’histoire des sociétés. Ce n’est pas pour autant que nous
arrêterons de dénoncer les pratiques de méprise de la dignité.
Nous demandons qu’une enquête soit ouverte sur la mort de Lu et sur le
service
médical de la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes.
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