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fabien defendini fabiendefendini at gmail.com
Mar 30 Oct 16:53:34 CET 2007


Je répondrais au plus vite, mais tu as ouvert là un espace de réflexion
suffisamment dense pour que ma réponse ne se fasse pas immédiate.
En deux mots et pour donner un contexte:
L'an dernier j'avais dit à Efflam que je ne voulait pas qu'il m'impose sa
culture.
L'exercice que j'entretiens à la culture en corrélation avec sa consistance
politique voudrait que chacun ait pour lui-même sa responsabilité propre à
cet égard.
J'entends par là "formuler pour soi-même le voeu pour lequel nous nous
sommes prononcés" Enfance Berlinoise.
De là j'entendais défaire le noeud qui voudrait nous faire croire qu'une
culture est collective.
En ceci je reconnais certaines stratégies de langage passibles d'énoncer le
postulat de "vérité" comme facteur sur lequel s'est appuyer la modernité et
par là-même un aspect du progressisme appelé "positiviste".
En cela je me distingue car s'accompagne tout un monde politique en
correspondance. Je n'attends pas le "grand soir", comme je n'attends pas
"l'éveil". Est-ce à dire que je me dois par conséquent d'adopter une posture
cynique, ou au mieux pessimiste, ou au pire nihiliste?
Les nazis disaient "ni crainte, ni espoir".
Un de mes enseignants (à l'école Michéa, Rancière, Adorno) disait un "espoir
sans espoir".
Pour ma part, sans dentifrice (et puis de toute façon j'ai la dent avant un
peu décallée), je dirais "ni espoir, ni crainte, mais quelque chose".
Donc devenir oui. Mais dire que ce qui devient n'est que la chute
progressive vers le néant, cela me semble à mon sens faire le jeu d'un
discours de l'origine, "ces chemins fascistes qui ne mènent nulle part".
Reproche que je pourrais même faire à Benjamin s'il ne l'avait pas déjà
introduit dans l'irrascible de la forme littéraire, et par là même la
contingence (concept qui nous amène autre part que cette dialectique
immanence/transcendance)
Etre post-colonial ne veut absolument rien dire, puisque la post-colonialité
est ainsi que son nom l'indique la période qui suit le temps des colonies.
On pourrait rappeler: "Rien n'a jamais eu lieu que le lieu, exepté,
peut-être une constellation."
On pourrait dire aussi "les camps de concentration sont un détails de
l'histoire", ou encore à la façon Sarkozyste que la colonisation n'a pas été
que négative.
On peut.
Prenons Benjamin, puisque Allan en parle, "l'histoire des vaincus" sorte de
vulgate mondaine de la philosophie benjaminienne, n'est ce pas dans ce texte
précisement que l'on trouve cette citation: "Il y a un rendez-vous
mystérieux entre les générations défuntes et celle dont nous faisons partie
nous-mêmes. Nous avons été attendus sur terre. Car il nous est dévolu à nous
comme à chaque équipe humaine qui nous précéda, une parcelle du pouvoir
messianique. Le passé la réclame, a droit à elle. Pas moyen d'éluder sa
sommation. L'historien matérialiste en sait quelque chose."
Alors quoi! Utiliser un concept général qui hors contexte ne fait que slogan
à motiver les groupuscules de tous ordres (ainsi qu'on le retrouve dans le
fragment sur Lacan, la participation à une organisation, le sens partout),
ou bien entrer dans le danger de l'écriture du détail?
Bien, je sais ce qu'il en est pour moi.
Mais encore faut-il que je devance la responsabilité de chacun sur la façon
dont il lit un texte au point de devoir revenir re-décomposer le mien afin
que son propos soit entendu à l'égal de ce qu'il disait?
Se serait là de ma part une prétention à laquelle je ne prétendrais pas.
Un exemple simple de mécanisme d'endoctrinement pour lequel je me défends,
as-tu Zur regardé en tant soit peu les liens que j'ai envoyé avant de déjà
décider ce qu'il en est à vie éternelle de la réflexion sur le
post-colonialisme? Regarde un peu qui est Thompson, qui est Saïd, qui est
Homi K. Bhabha, etc... tu comprendras à quel point tu te retrouves
hors-sujet de ce que j'ai écrit.
Pour en revenir à la sommation, je te réponds, je ne sais pas si cela est
dans mon texte, je te crois sur parole, et alors?
Bien oui, que je demande à quelqu'un de préciser son idée pour que je
saisisse où il veut en venir, (de fait ce n'est pas si évident auquel cas
mon esprit critique n'aurait pas nécessairement réagit à cette absence de
dire). Si je le perçois ainsi c'est déjà une preuve "objective" que ce
discours n'est pas acquis ou voir pas déjà lointain! Non?
Tu mets en exergue la position de Baudrillard vis-à-vis de la fiction, très
bien, ce n'est pas quelqu'un qui a été capable d'écrire une seule oeuvre
poétique, n'est ce pas une position confortable que celle de celui qui juge
le spectacle de sa propre scénarisation? Et quand tu vas jeter un oeil sur
sa production photographique tu ne peux voir qu'une banalité formelle
époustouflante pour quelqu'un qui se réclame d'une intelligence iconologique
et sémiotique.
Oui, je demande des précisions, j'ai bien assez des postures intellectuelles
et formalistes en tous genres que l'on retrouve partout.
A ce propos, je ne peux pas m'empêcher, mais ne sens tu pas la distinction
critique au sujet du "monde pourri" dans ma réponse à Allan?
Pour résumer, l'espace culturel élargit à la préhension de pratiques
culturelles divergentes tant symboliques, qu'allégoriques, ou discursives.
Pour cela expérimenter les différents champs de l'écriture entre autre me
semble des plus propices à générer de nouveaux complexes de pensées. Bien
entendu, et sans positivisme car considération empirique et matériologique.
Il n'y a pas d'histoire plus précise que celle de l'écriture d'une époque.
Au vu de la production autant qualitative que quantitative ne serait ce que
de l'espace littéraire (entendu philosophique,  poétique,  critique...)
d'aujourd'hui il ya du travail de penser à fournir. Soit ce qui "fait
monde". Qu'une position de posture viendrait cyniquement comme l'argument
en dernière instance de notre incapacité à expérimenter le monde!
Donc oui, prenons l'idée de Victor Hugo lui aussi progressiste, un autre:
"L'art n'est pas perfectible, je l'ai dit, je crois, un des premiers, donc
je le sais; personne ne dépassera Eschyle, personne ne dépassera Phidias;
mais on peut les égaler; et pour les égaler, il faut déplacer l'horizon de
l'art, monter plus haut, aller plus loin, marcher.Le poète ne peut aller
seul, il faut que l'homme se déplace. Les pas de l'Humanité sont donc les
pas même de l'art. -Donc gloire au progrès. C'est pour le progrès que je
souffre en ce moment et que je suis prêt à mourir."

Sans violence, et pour ce qui vient.

Fabien
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