[Ici] Groupe de lecture sur Rhizome de Deleuze:
fabien defendini
fabiendefendini at gmail.com
Mar 16 Oct 08:56:24 CEST 2007
Plutôt que d'envisager de faire un compte rendu littérale de la scéance qui
n'aboutirait pas véritablement à un résultat de quelque ordre que ce soit,
je me permettrais de dessiner ce qui m'a paru le plus relevant.
Tout d'abord, un premier point : il s'agit si j'ai bien compris de
constituer un groupe de lecture sur un passage de Deleuze, l'introduction
d'un de ses ouvrages les plus utilisés car s'y trouve son énoncé du rhizome.
Ce choix, je suppose, parce que d'une part la philosophie deleuzienne est un
élément fort pour penser le temps présent, mais également d'autre part, se
rendre capable de la dissocier de ce qui tient lieu de son appropriation
« mondaine », à savoir plus une utilisation de l'image-langage (forme
symbolique) que du concept-image (activation par le concept de la
constitution d'un monde).
De là sans doute la difficulté non pas d'ordonnancer l'échange commun, mais
de réussir à le rendre actif, car entre une approche technique, et une
approche empirique, il y a toute une gamme de relation singulière au
fragment (Rhizome) discuté.
De là vient sans doute l'idée que nous pourrions nous faire de la lecture.
Peut-être trois modalités : la lecture pour soi, la lecture pour les autres,
la lecture pour le plaisir d'écouter ensemble.
Mon idée a bien entendu la préférence pour la lecture pour soi. Je ne dis
pas pour autant qu'elle se suffise, et c'est là l'objet du groupe de
lecture.
En ceci, je ne défends pas une approche du commentaire herméneutique qui
viendrait fouiller les petites perles de langage dans un texte pour dire
qu'il y avait là des perles.
Je pense plutôt que l'intimité que nous aurons pu découvrir dans le texte
doit pouvoir être communiquée.
Je crois qu'une des causes de ce qu'on appelle la pauvreté de l'expérience
vient de fait de cette incapacité à entrer en relation d'échange, pour
utiliser un terme auquel il faudrait rendre son droit, entrer en relation de
libre échange, ou plutôt d'échange libre ce qui nous constitue comme
singularité, et comme étant en rapport au monde.
Donc ici pour ce qui nous occupe : avoir la liberté pour soi dans la lecture
articulée avec celles des autres respectivement. Pour cela une interrogation
semblait être : quelles sont les modalités de paroles ?
Il semblerait que chacun était d'accord pour admettre qu'il fallait au moins
s'entendre. J'ajouterais pour cela qu'il ne suffit pas de faire silence,
mais aussi se sentir concerné par la parole de chacun.
Je reconnais que cela engage un investissement, mais n'est ce pas
précisement celui qui est donné à compter du moment où nous souhaitons
constituer un groupe de lecture ?
Ou bien comme je le disais il est peut-être sinon question de théâtre, de
groupe d'improvisation théatralo-deleuzienne, cela peut avoir des
conséquences intéressantes pas dénuées d'auto-dérision, pas exempte de
qualification, quelque chose qui formellement ferait un autre corps de
l'échange entre langage et corps justement.
Ou bien acceptons la modalité de la discussion qui conduit à ce qu'à
plusieurs on ne peut pas tous parler en même temps.
Aparthé : il n'y a pas de limite à l'expérience que celles que l'on
s'assigne en fonction de l'objet auquel nous souhaitons voir le jour.
Question : faut-il se contraindre à cette assignation au détriment de
l'expérience du vivant ? Autre question : Est ce que le vivant n'a pas plus
de force du moment où il se nomme ? Comment investir le vivant ? Le voir.
Soit s'abandonner à ce qu'il énonce.
Retournons au motif deleuzien : les machines de guerre, le corps sans
organe, l'abandon de l'unicité pour trouver à sa place les mécanismes de
territorialisation et déterritorialisation...
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