[Ici] (discu)
fabien defendini
fabiendefendini at gmail.com
Mar 27 Nov 15:51:48 CET 2007
Cher Allan,
ayant relu les différents messages adressés à la liste Ici, concernant
l'actualité étudiante en France, je n'arrive pas à saisir de quoi tu parles.
J'aimerais bien répondre, mais la compréhension que j'ai eu des différents
échanges en rapport avec ta réaction agit sur moi comme un montage abstrait
dans lequel les éléments n'auraient rien à communiquer de l'un à l'autre.
Mon impression serait que ta réaction consiste en un ressentiment envers un
objet qui me serait caché.
Tu avoueras qu'à compter de ceci je peux difficilement répondre.
Travaillant moi-même dans le milieu artistique entre autres je suppose une
attaque implicite qui ne s'appuie que sur le simple postulat que l'artiste
est un 'snob'.
La combinaison auteur-artiste-élève est si bien ficelée que je ne sais même
pas si elle correspond en pratique à une réalité donnée.
La politique de rupture semble être quelque chose qui t'intéresse, mais tu
ne fais que la nommer comme si son titre devait faire valoir de droit.
La critique de la critique de la critique... semble être un domaine qui
suscite en toi une empathie métaphysique ainsi que tu le dis mais de quelle
métaphysique il est question, de quel énoncé critique tu parles (je crois
deviner que Rancière est concerné mais à un registre si lointain que ça
n'atteint pas l'objet), qui est, comment est et d'où vient l'empire
bicéphale (empire à deux têtes), quel rapport entre le statut d'artiste et
Brossat?
Comme tu le vois beaucoup de questions qui loin de m'interroger me laisse
pour autant perplexe.
Avec malgré tout une idée claire, tu es partisan d'une bonne gouvernance.
Etrangeté complète, étonnement, retour au souverain bien?...
Là, je ne suis pas, certainement.
Bien à toi gouverneur,
fabien
Le 27/11/07, allan-ici at no-log.org <allan-ici at no-log.org> a écrit :
>
> il y en a qui ne racontent jamais assez de conneries...
>
> Comment utiliser un texte d'un intellectuel dissident/contestataire qui
> refuse d'accréditer les âneries annônées par la majorité démocratique, des
> antibloqueurs à l'Unef (heuresement et enfin expulsée de la
> coordination)...
>
> Comment lui faire tenir un discours antipolitique, au nom d'une phobie de
> toute forme de (contre)-pouvoir, rongée par la mauvaise conscience
> esthétisante de celui qui n'a aucune force, qui ne cesse de se plaindre au
> nom de son statut d'artiste....
>
> Comment une telle bouche peut-elle reprocher à ceux qui tentent de mener
> une politique, de créer la situation, de la maintenir, d'assumer un niveau
> d'affrontement/d'engagement, d'inventer, de résister, de manifester, de
> bloquer, de faire la grève humaine, de casser, de nouer des convergences
> entre les luttes, entre les êtres, entre les devenirs...
>
> ça me dépasse....
>
> au fait, p-e l'intervention systématique des CRS, des antibloqueurs, des
> hiérarchies universitaires, des récupérateurs de gauche, des représentants
> et syndicats qui n'attendent rien pour passer à la table des
> négociations... n'est-elle pas étrangère à la difficulté de faire émerger
> une politique de rupture...
>
> au fait, la critique de la métaphysique critique, en plus à partir d'une
> position esthétique n'est-elle pas la pire des prologations sur cette
> pensée vis-à-vis de laquelle j'ai plus que des critiques? traduction :
> l'apolitisation de la métaphysique critique, son esthétisation, ne
> fournit-elle pas l'horizon idéal pour le maintien et l'expansion de
> l'ordre des choses présents, n'est-elle pas le visage souriant, le mot
> charmeur, le regard humble et fragile de l'empire bicéphale?
>
> La critique de la critique de la critique, sans aucune position, sans
> aucune portée sinon celle du nombril de l'auteur-artiste-élève modèle bien
> content de sa maîtrise des subtilités de la langue et des langages.
>
> laisse tomber....
>
> nommer les choses c'est gouverner affirmait confucius et han fei zi, la
> rectification des noms, le ré-étiquetage du sensible, qu'il soit opéré par
> les illuminés métaphysiciens critiques ou par les artistoïdes fragiles
> gentils et apolitiques, est une opération de pouvoir, inutile de le
> déguiser, il s'agit de l'assumer et de cesser de juger sur un registre
> ésthicomoral (un sous-sous-sous-registre) les êtres et les situations,
> l'univers, l'infini et les mondes.
>
>
>
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