[Ici] (discu) occupation et contestation
fabien defendini
fabiendefendini at gmail.com
Mar 27 Nov 07:05:19 CET 2007
Pour prolonger le questionnement qui semble faire le pont justement entre le
désir de la revue à l'origine (vient de l'occupation de l'université), et la
considération sur la critique (Rancière, Brossat, Tiqqun...), j'ai pour ma
part eu une impression de pertinence en rapport au texte de Brossat n'en
déplaise à Efflam (conversation téléphonique, vous avez d'ailleurs son
bonjour). Tu dis Bamba qu'il est question d'occuper des idées, mais tout
d'abord dans votre expérience la contestation trouvait un objet précis quand
bien même (et par là même) renvoyée à une question existentielle. Alors
qu'en ce qui concerne l'occupation étudiante française, il est à constater
qu'il y a une difficulté très grande à formuler un contexte d'occupation. Là
où l'occupation comme dit Brossat doit faire politique (soit être renvoyé à
l'espace commun et par là même parvenant à s'énoncer -mon idée fixe
direz-vous) elle peut s'expérimenter (comme tu l'as toi-même dit Bamba dans
la peur et par la peur). Je pense que l'angoisse est un motif qui
m'intéresse beaucoup à l'échelle individuelle, mais vécue à l'échelle
collective, c'est alors la pierre de voûte aux écarts politiques d'un type
conduisant vers la politique autoritaire, et je pense en ce sens que
l'évènement "Bienvenue au goulag" (référence à la délégation de l'Unef
refusée à l'assemblée générale) n'est en ce sens absolument pas anecdotique.
Donc je crois que toutes contestations n'est envisageable qu'à la condition
de sa serennité cela induit à posteriori un climat où les intervenants ne
sont plus amenés à défendre une position mais bien à être ensemble dans une
formulation politique qui précisement fait défaut au moment de la
contestation.
Le devenir victime quand bien même il peut être légitime (ce que Brossat
reconnaît "pour le moins") ne peut se suffire, je renvoie ici Efflam à la
discussion sur le jeté de pavé comme la marque d'une insuffisance. Mais
cette insuffisance doit également parvenir à trouver sa voie, en
l'occurence, en France, je n'ai encore pas entendu de contre-proposition à
celle du gouvernement. Est-ce à dire que rien ne peut s'en dire? Tu parlais
Bamba de technicité, et envisageais de ne pas répondre seulement à la
technicité par la technicité. Pour autant devons-nous nous déposséder
entièrement du vocabulaire politique et technique pour affirmer le primat
d'un rêve: "Nous voulons une société qui ne soit pas marchande!" Mais les
étudiants sont les acteurs de demain, il y a donc des raisons de s'inquiéter
de l'absence de contre-formulation, soit parvenir au complexe. A
l'incitation active du gouvernement d'une université professionnalisée
devrait répondre l'activité de la pensée, qui ici n'occupe qu'un postulat en
dernière instance, celui de la préservation d'un "on-ne-sait" quel héritage
de l'université. Pour ma part, et de l'expérience que j'ai pu avoir de
l'université, je sera
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