[Ici] Discussion compte-rendu et information
fabien defendini
fabiendefendini at gmail.com
Jeu 22 Nov 12:27:01 CET 2007
Après avoir été faire un tour du côté de Jacques Rancière, j'ai tout d'abord
une chose à interroger puisque certains faisant parti de la liste ont engagé
une contre position à l'occasion de la conférence
Ma réflexion vient sur le fait qu'avant même d'avoir pris acte de l'objet de
l'intervention était distribué un document à l'entrée prenant position par
rapport à l'évènement.
En dehors des sujets intrinsèques qui pourrait présager justement des
réponses de l'un à l'autre (Rancière et les "anonymes"), je pense au paysage
critique qu'il a pu dressé dont les "anonymes" auraient pu également se
sentir concernés, du moins pris à parti, soit engagés dans le rapport.
Mais le geste posé d'emblée était celui du postulat à priori, donc une
posture adoptée à l'avance, ce qui laisse entendre évidemment qu'il est
question d'adopter une position.
Mon interrogation vient donc présenter une contre position (car à position
induit autre position soit à la place d'une singularité quelconque, le choc
des singularités irrascibles, sorte de dessin de la mésentente permanente,
voir de l'affirmation d'un paysage mondial où ne se réalisent que la libre
concurrence des places individuelles), à savoir que lorsqu'on envisage une
politique de la confrontation il faut au moins être capable de se risquer
dans l'espace même de la confrontation en l'occurence ici face à la présence
physique de Jacques Rancière.
Ce que je dirais pour ma part serait que loin d'être un ranciériste militant
(qu'est ce que cela voudrait d'ailleurs bien dire..), j'ai pu avoir le
plaisir hier soir de suivre ce qu'on pourrait nommer un "panorama" de
l'avant-garde critique contemporaine à compter de laquelle l'auteur (ici
Rancière) plaçait ses éléments polémiques. Evidemment qu'en attaquant sur ce
terrain il pouvait viser les "anonymes", mais que là où aurait pu avoir lieu
des interférences théoriques n'a été laissé en tout état de cause que la
parole du dit "maître qui n'ignore rien", voir un morceau de papier pudique
par sa présentation, pudique par son affirmation, pudique par sa façon
d'assumer le geste, qui parle? la rumeur? Laisser place à la parole du
maître, était ce là l'intention?
Et par ailleurs là où est dit une position contre spectaculaire, nous
trouvons la mise en scène de petits militants qui préfèrent se cacher façon
de dire "quoique tu puisses dire tu ne nous atteindra pas", mais qui quand
même veulent montrer à l'intelligensia bourgeoise que quand même ils
existent. Habile comme communication.
Si la position confine à l'inatteignable alors là, politiquement, nous ne
pouvons plus être à même d'énoncer un discours, et c'est bien pourquoi, par
défaut, doivent ceux que la position travaille, se réfugier dans un minimum
de relations sociales à savoir celles mêmes qu'ils refusent. Etrange
paradoxe.
Non?
Fabien
--
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