[Flexblues] Micropolitique des groupes
François Schreuer
francois at schreuer.org
Lun 10 Sep 16:06:18 CEST 2007
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À: François Schreuer <francois at schreuer.org>
Sujet: Micropolitique des groupes
Date: Mon, 10 Sep 2007 15:28:51 +0200 (CEST)
Salut François,
Voici, comme convenu, l'invitation à la préparation de la journée
"Micropolitique des groupes". La première étape aura lieu samedi 22 (cf
invitation officielle ci-dessous). N'hésitez pas à venir à plusieurs (pour
la Mayday, Flexblues, Mouvements et d'autres encore, que je ne connais
pas).
Merci de me dire quoi.
Au plaisir de se revoir,
Edgar
Bonjour,
Radio Panik désire organiser, début novembre, un événement autour du livre
« Micropolitique des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives
» de David Vercauteren publié aux éditions HB. David se joint à nous pour
l’organisation de cette activité.
Celle-ci aura pour thématique la culture des précédents, expression à
travers laquelle l’auteur entrevoit la possibilité d’ « évaluer la
différence qualitative et intensive de nos modes d’existence en les
rapportant aux situations-problèmes qui les ont précédés ».
Cette notion est l’élément central de cet ouvrage, présenté par l’auteur
comme « une mosaïque de situations-problèmes que l’on peut rencontrer dans
une expérience collective » et dont l’ambition est de « faire circuler des
récits en vue de nourrir des cultures de la fabrication collective ».
Nous prenons contact avec vous car il nous a semblé intéressant d’inviter
d’autres groupes à participer au contenu qui s’articulera lors de cette
activité.
L’intérêt réside dans la pluralité de structurations et d’organisations
qu’offrent les projets respectifs mais aussi dans la diversité des
situations auxquelles ils ont du faire face : quelles réactions ont-elles
entraînées ?
Vous trouverez plus bas un texte qui présente cette notion de culture des
précédents, afin que vous puissiez en prendre connaissance, et,
éventuellement, déjà en parler au sein de votre structure.
Rassembler ces expériences est un des objectifs du premier rdv que nous
vous fixons, si vous êtes intéressés par cette collaboration. Nous
tenterons d’y dégager, à partir de ces réflexions, des éléments
susceptibles de baliser la rencontre de novembre. Après cela, un second
rdv sera utile pour poursuivre le développement du contenu et pour affiner
la forme que prendra cette activité.
En effet, la forme, bien qu’ envisagée comme une rencontre s’étalant sur
une journée, n’a pas encore un contours déterminé. Elle veut se distinguer
d’une succession de tours de tables ou d’anecdotes propres à chaque groupe
; elle veut s’articuler autour d’éléments pertinents dégagés ensembles
lors des phases de préparation; elle veut donner des occasions de
poursuivre les réflexions au-delà de nos élans grâce à la participation
d’intervenants « extérieurs » dont le rôle serait d’attirer notre
attention sur les aspects éludés, nos contradictions, etc ; elle peut
s’organiser en différents temps, par exemple l’un où le public est invité
à écouter ce que d’autres ont à exposer, un autre durant lequel le public
est engagé dans un processus de réflexion au même titre que chaque
participant…
Ce 1er rdv est prévu le samedi 22 septembre 2007 à la maison de la paix de
13h à 17h.
Merci de nous confirmer votre participation à info at radiopanik.org
Note de préparation pour la rencontre sur la « Culture des précédents ».
On se dit parfois, lorsque l’on rencontre telles ou telles difficultés
dans nos processus collectifs, que nous ne sommes sans doute pas les
premiers à les avoir fréquenter. Il peut même nous arriver qu’en l’espace
d’une courte seconde nous vienne à l’esprit : « mais comment les autres
groupes ont fait pour s’arranger avec ces problèmes (vaisselles, manières
de parler ensemble, « responsabilités », imbroglio sur le sens et le
devenir du projet, prise de décision et leur suivi…)? ».
La culture des précédents se niche, d’abord là, dans cette courte seconde,
comme une invitation à prendre du large par rapport à nos manières de
faire collectives, à aller voir ailleurs ce qui s’y passe et les
confronter avec nos « dedans ». Invitation aussi à ralentir, à sortir de
cette urgence qui nous pousse à considérer que l’important se situe où
l’on aborde nos programmations, nos activités, les « grands problèmes »
(social, culturel, politique,…) et que, s’ il y a le temps, « on verra le
reste… ».
Mais si cette « niche » recèle une possible invitation, il lui faut encore
un territoire pour s’actualiser. Le contour de celui-ci se dessine autour
d’un double mouvement : d’une part dans nos manières d’apprendre
collectivement de nos expériences, et, d’autre part, dans la construction
de savoirs situés qui importe pour soi, et peut-être pour d’autres.
Apprendre signifie devenir sensible aux signes qui affectent un groupe. Un
acte, une parole, un agencement à un moment donné dans un processus font
signe « qu’il y a là quelque chose à chercher ». Que la rencontre avec ce
signe soit l’occasion pour le groupe de le saisir et de le déployer.
S’ouvrir, en quelque sorte, aux rapports que le signe enveloppe pour
apprendre de nos capacités et de nos limites. Apprendre signifie aussi
construire un espace où l’on s’essaye à cette sensibilité et où, à travers
des artifices, des rôles,… l’on se donne les « moyens » d’expérimenter ce
dont on est capable collectivement. Créer, en somme, une culture qui nous
force à penser nos devenirs.
Le second aspect de cette actualisation concerne les savoirs que requiert
la culture des précédents. Ces savoirs sont situés, ils s’intéressent aux
rapports qui se nouent, s’agencent dans une pratique. Ils composent, ils
offrent une texture, ils nomment ce que nous avons appris. Son mode est à
la fois être une mémoire active (« nous savons que si »), évaluatif («
nous disposons d’un repère qui nous permet de visiter d’autres rapports
»), et partageable à d’autres groupes.
« Combien de tentatives collectives ont-elles précédé les nôtres sans
qu’aucune trace ne nous parvienne ? Voilà qui pose question : si nous
disposions ne serait-ce que dix ou même un pour cent de ces histoires,
avec leur réussites et leurs échecs, sans doute nos aventures
seraient-elles tout autres. Nous avons besoin de cette culture des
précédents afin d’éviter que chaque nouveau groupe ne se prenne les pieds
dans les mêmes problèmes (conflits de pouvoir, psychologisation,
enfermement dans des rôles, etc.)
Nous avons besoin d’expérimenter de nouveaux modes d’existence collective.
Nous avons besoins d’acquérir des forces pour résister à ce monde (…) »
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